Version du conte terminée par les 6ème C

mercredi 15 juillet 2009
par  Myriam Compain

 Il était une fois, au cœur du lointain Japon, une jeune fille qui habitait une auberge. Cette auberge était petite mais très fréquentée par les nombreux pèlerins et voyageurs qui se rendaient au temple situé juste à côté. Cette jeune fille s’appelait Midori. C’était une jeune fille au visage radieux arborant un sourire joyeux et conquérant. Ses longs cheveux lisses rappelaient les nuits sans lune et ses yeux vert jade éclairaient un visage mystérieux et déterminé. Midori avait perdu sa mère dès son plus jeune âge et vivait avec sa tante et son père. Ce dernier travaillait sans relâche, toujours sur la route par monts et par vaux, il laissait le soin de l’auberge à sa sœur qui n’avait pas pu se marier. Un jour, le père de Midori ne rentra pas à l’auberge. Après quelques semaines Midori commençait à s’impatienter et chaque jour son inquiétude grandissait.   

 Un soir d’hiver, un étrange pèlerin passa à l’auberge. Ce pèlerin avait une longue barbe grisonnante et tressée. Il avait les yeux noirs ; il portait un chapeau qui lui cachait les yeux. Il était vêtu d’un manteau de cuir marron. Il boitait comme s’il avait marché très longtemps. On apercevait dans sa sacoche un objet énigmatique qui scintillait.  

 En entrant dans l’auberge, le pèlerin ôta son chapeau et fusilla la salle du regard. Il s’assit à une table libre. Il commanda un pichet d’eau, puis demanda une chambre. Ensuite, il alla se coucher.  

 Pendant la nuit, Midori se faufila dans la chambre du pèlerin pour tenter d’élucider le mystère de l’objet brillant. Elle regarda dans la sacoche et découvrit un gros livre. Elle l’ouvrit et vit des informations sur une pierre de jade. Mais la page était déchirée. Néanmoins, elle apprit que la pierre permettait de retrouver des gens disparus. A cet instant, elle repensa à son père. A la fin du livre, elle trouva une carte indiquant où se situait la pierre, elle décida donc d’arracher la page.    

 Le lendemain, elle partit à sa recherche après avoir laissé une lettre à sa tante pour la rassurer. Midori n’était pas très sûre d’elle face au froid glacial de l’hiver mais elle avait appris à l’affronter. Son courage prit le dessus et elle parvint à parcourir la longue distance qui la séparait du Mont Kasuki à l’ouest du village dans le petit matin. Elle avait étudié la carte et la connaissait par cœur même si elle ne parvenait pas encore à déchiffrer un étrange signe à côté de la pierre de jade. Elle devait arriver au sommet, le jour s’était levé et son pas était alerte. Elle arriva au pied de la montagne et commença son ascension non sans frissonner en repensant aux nombreuses légendes effrayantes que l’on racontait au village sur le Mont Kasuki. Le brouillard s’épaississait de plus en plus ce qui rendait sa marche difficile. Midori fut obligée de ralentir le rythme. Au fur et à mesure qu’elle avançait, un vent violent se leva. Elle se sentit tout à coup bien seule face à cette tempête, repensa à sa tante, son village et se demanda ce qu’elle allait devenir. La pente était de plus en plus rude, elle commençait à faiblir et pouvait sentir les muscles de ses jambes se raidir. Le souffle court, elle tenta de reprendre sa respiration mais l’air froid lui brûlait la gorge. Elle prit quelques gorgées d’eau dans sa gourde qu’elle replaça dans son sac. Après deux heures de marche, elle parvint au sommet du Mont Kasuki. Elle sortit alors la carte qu’elle déplia difficilement à cause du vent qui la frigorifiait. Elle revit la croix verte et se sentit tout à coup effrayée. Mais elle se rappela son ascension et ne voulut plus reculer. Soudain un rayon de soleil traversa la couche épaisse du brouillard. Elle put alors distinguer deux énormes rochers gris vert côte à côte. Elle reconnut, gravé sur ces rochers, l’étrange sigle qu’elle avait vu sur la carte. Elle fut soulagée d’avoir enfin atteint son but. Ainsi pourrait-elle prendre cette pierre de jade et peut-être parviendrait-elle grâce à cela à retrouver son père ? Elle s’avança vers les rochers et tout à coup vit une faible lueur verte. La pierre devait être là, prise entre ces deux grosses masses minérales. Elle tendit la main pour la saisir et lorsqu’elle put la toucher ses yeux vert jade se mirent à briller. Midori tenta d’attraper la pierre et de la dégager des rochers. Ses yeux scintillaient de plus d’une lumière presque irréelle. La main crispée sur la pierre, elle se concentra, fit pivoter la pierre qui se détacha d’un coup avec une facilité qui la surprit. Elle l’observa rapidement mais raidie par le froid et affamée, elle la rangea très vite dans un étui de cuir qu’elle plaça ensuite dans sa poche.  

 Heureuse de sa découverte, elle dévala le Mont Kasuki, pressée de partir. La montée qui lui avait parue si difficile n’était plus qu’un mauvais souvenir. Elle descendait le cœur léger, impatiente de revoir son père. Elle vit au loin le village au pied du Mont Kasuki. C’était un village tranquille qui s’appelait Mikaro. Elle avait souvent entendu ce nom dans la bouche de son père qui allait y faire des affaires. A ce moment, elle ne se doutait pas de l’inquiétude de sa tante qui allait croissante et décida d’entrer dans le village. L’étrange pèlerin était parti de l’auberge très tôt sans s’apercevoir qu’une page de son livre avait été arrachée.    

 Quand elle arriva au village, elle vit un loup qui courait vers elle. Le loup la heurta. Son pelage était blanc comme neige, sa stature était imposante. Il avait un corps musculeux qui laissait deviner sa puissance. Elle tomba. Lorsqu’elle voulut se relever, elle aperçut un jeune homme qui lui tendait la main. Elle la saisit et vit qu’il était désolé. L’inconnu avait un visage fin, des cheveux épais et sombres. Il sourit à Midori qui ne manqua pas de remarquer ses grands yeux vert jade. Elle fut surprise car elle avait toujours cru être la seule à avoir cette nuance si singulière dans la couleur de ses yeux. Elle se rappela le rêve fabuleux qu’elle avait fait la nuit dernière dans lequel elle avait déjà vu ce jeune homme. Puis ils se regardèrent. Le jeune homme rappela son loup et le gronda :- Youka, viens ici ! Je suis désolé mais mon loup n’est pas encore bien dressé. Le jeune garçon mit une laisse au loup. Il dit à Midori :

« Je m’appelle Tchang. Et toi ?

- Midori, répondit-elle timidement.

- Quel âge as-tu ?

- J’ai 14 ans. Et toi ?

- Moi aussi. Qu’est-ce que tu as dans ta poche ?

- Je veux bien te le dire mais c’est un secret. »  

Elle lui raconta son aventure et l’histoire de la pierre de jade. Tchang lui demanda qu’elle lui montre cette pierre. Elle la sortit et il la toucha. A ce moment-là, la pierre de jade s’illumina et Tchang comprit que Midori voulait retrouver son père. Midori, surprise, lui demanda comment il le savait. Il l’ignorait.

"Et pourquoi la pierre s’est-elle mise à briller ? demanda Midori. 

- Je ne sais pas non plus mais j’ai senti quelque chose de bizarre. Peut-être que c’est grâce à la pierre que j’ai compris que tu voulais retrouver ton père ?

- Je crois qu’elle nous a donné le pouvoir de télépathie !

- Est-ce que je pourrai t’accompagner dans ta recherche ?

- Mais bien sûr, cela m’aidera. » 

 Ils reprirent la route. Puis Midori, qui avait replacé la pierre de jade dans sa poche, sentit une étrange chaleur. Elle reprit la pierre dans sa main, elle brillait intensément. La jeune fille, alors qu’elle observait les reflets verts de la pierre magique, eut une vision surprenante. Elle vit en songe une pièce sombre et comprit que c’était une grotte. Dans un coin de la pièce, semblait parvenir un air de musique familier. Midori mit quelques minutes avant de reconnaître une berceuse que son père lui chantait quand elle était enfant. La vision se fit ensuite plus nette et elle put distinguer le visage fatigué de son père. Il était enfermé dans un lieu mystérieux. Enfin cette image troublante disparut de son esprit et ne fut plus qu’un souvenir fugace.  

 Après une longue discussion, Midori et Tchang décidèrent de partir à la recherche de ce lieu inquiétant. Les deux enfants firent connaissance et Midori comprit que Tchang n’avait plus de famille et passait son temps à errer de villages en villages avec son loup à qui il avait appris quelques tours pour gagner sa vie. Au bout de deux jours de voyage et de recherches, les deux amis qui avaient été guidés par Youka suivant la trace du père, parvinrent aux abords d’une vaste propriété au milieu de laquelle se dressait une imposante demeure. Elle semblait étrange avec ses débris éparpillés. Les murs étaient moisis et délabrés pourtant on avait l’impression que cette vieille bâtisse était habitée. Midori sentit que la pierre chauffait dans sa poche et la saisit. Un rayon clair illumina le passage qui menait à la demeure. Ils se précipitèrent devant la porte d’entrée, pensant trouver le père de Midori derrière ce sombre passage. Mais lorsqu’ils ouvrirent la porte, les deux amis se rendirent compte qu’ils n’étaient pas seuls. Avec déception Midori constata qu’un homme inconnu se tenait dans l’entrée face à elle. Ce qui la frappa d’abord, était ce long manteau de cuir marron qu’il portait. Alors que cet inconnu s’avançait en direction des enfants, elle put remarquer qu’il boitait. Elle reconnut enfin le pèlerin qu’elle avait rencontré à l’auberge la veille de son départ et à qui elle avait volé la carte qui lui avait permis de trouver la pierre magique. Youka se mit à grogner. Puis soudain, le pèlerin voulut saisir Midori qui se recula instantanément :

- C’est donc toi qui a volé mon trésor. Je ne pensais pas avoir à faire à une gamine aussi insignifiante !

- Il ne faut pas se fier aux apparences. On ne vous l’a jamais dit, répondit Midori froidement.

L’inconnu se mit à rire ce qui glaça les deux enfants.Tout à coup cet homme sinistre commença à proférer de drôles de paroles dans une langue inconnue. Puis il disparut dans un nuage de fumée opaque et réapparut soudainement juste derrière eux. D’instinct, Midori et Tchang reculèrent surpris de ce qu’ils venaient de voir.

- Attention ! Il connaît la magie noire ! lança Tchang apeuré.

L’homme laissa ensuite tomber son manteau de cuir. Ebahis, les deux amis constatèrent qu’il portait une armure.

- C’est un samouraï ! cria Midori.

Tchang acquiesça. Et sans s’être consultés, les deux amis paniqués coururent se réfugier dans les hautes herbes du jardin. Youka partit devant. Il avait flairé une piste. Les deux enfants essayèrent de le suivre poursuivis par le samouraï qui boitait. Tchang ne voyait plus Youka, il avait seulement remarqué une touffe de poils blancs disparaître entre des rochers. Hors d’haleine, les deux amis se trouvaient maintenant au pied d’une falaise. Youka semblait s’être évaporé. Ils entendirent des pas résonner à travers la paroi rocheuse.

- Youka est entré dans une brèche de la falaise, lança Tchang. C’est une grotte, Midori nous devons….

Le samouraï bondit sur Tchang qui s’effondra sous le poids de l’homme. Midori, tant bien que mal, essaya de lui venir en aide. Elle saisit une pierre et la lança sur le samouraï. Tchang parvint à se relever péniblement et tenta de porter un coup au samouraï avec un bâton. Mais le samouraï, habile dans l’art des combats, réussit facilement à l’esquiver. "Nous n’y arriverons jamais", pensa Tchang. Mais il ne voulait pas laisser paraître son affolement devant Midori. La jeune fille avait ramassé une autre pierre, plus volumineuse, qu’elle lança à nouveau sur le samouraï prêt à bondir une nouvelle fois sur Tchang. Par hasard, la pierre qu’elle avait lancée de toutes ses forces tomba sur la jambe boiteuse du guerrier. Ce dernier s’agenouilla. Une grimace de douleur s’afficha sur son visage. Tout à coup, Youka surgit de nulle part, bondit sur le samouraï. Celui-ci s’écroula, le loup enragé s’acharna sur le guerrier, le mordit et l’immobilisa. Youka se retourna ensuite puis se plaça devant l’entrée de la grotte.    Tchang et Midori se remettaient de cet éprouvant affrontement. En aboyant, Youka attira l’attention de son maître. Il voulait visiblement qu’il le suive.  

 En entrant dans la grotte, Midori sentit à nouveau la pierre de jade réagir. Elle revit encore l’image de son père assis sur un rocher. Ils avançaient difficilement sur un chemin escarpé. Puis après quelques minutes de marche, Youka aboya soudain avec force. Midori et Tchang coururent dans sa direction. Le loup s’était arrêté devant un large trou. Du fond de celui-ci montait une plainte :

- Au secours !  

Midori se pencha avec précaution et reconnut son père. Ce dernier demanda aux enfants de le remonter. Midori sortit la corde qui était dans sa sacoche et, après l’avoir attachée au poitrail du loup, tout ensemble ils tirèrent le père hors de la fosse. Le père de Midori la prit dans ses bras.

- Tu m’as tellement manqué, dit Midori dans un sanglot.

- J’avais peur de ne plus jamais te revoir, répondit son père.

Ils sortirent de la grotte, le guerrier avait disparu. Ils partirent en direction du plus proche village où ils purent manger et se reposer. Au cours du dîner, le père de Midori expliqua longuement aux enfants comment il avait été capturé par le samouraï.

- Tu ne le savais pas, dit-il à Midori, mais je cherchais depuis des années une mystérieuse pierre de jade. C’était la raison de mes fréquentes absences. Je voulais plus que tout, grâce aux pouvoirs de cette pierre, communiquer avec ta mère. Un jour où j’étais sur le point de retrouver la pierre magique, j’ai croisé un homme étrange qui m’a promis de m’aider. Au lieu de cela, il m’a enlevé et a profité de toutes mes années de recherches en me volant mes cahiers et mes livres. Il avait soif de pouvoir et la magie de la pierre lui aurait permis d’étendre ses pouvoirs.  

A ce moment, Midori sortit la pierre de sa poche et la tendit à son père. La pierre brillait de mille feux. Son père sourit et félicita sa fille. Ils tombèrent à nouveau dans les bras l’un de l’autre.  

- Je vais enfin réaliser mon rêve grâce à toi et Tchang, dit son père ému. 

 De retour à l’auberge les deux amis devinrent inséparables. L’aventure qu’ils avaient partagée les avait tellement unis que Tchang s’installa à l’auberge qui fut rebaptisée « L’auberge de jade ». 

 La tante fut soulagée de revoir la famille et se prit d’affection pour Youka qui ne la quitta plus. Le père de Midori ne s’absenta plus si souvent. Les deux amis inséparables furent connus des villages alentours pour l’étrange lueur vert jade qui scintillait dans leurs yeux lorsqu’ils se regardaient.    


Commentaires

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mardi 11 janvier 2011 à 11h40 - par  Titouan

Je trouve que c’est bien mais un peut triste au debut mais sinons sava et j’ai bien aimer

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